| 9/11/2011 | Abolition de la chasse à courre et Hitler : la mise au point |
À court d’arguments pour contrer la proposition de loi (n° 3497 – juin 2011) en faveur de l’abolition de la chasse à courre,
les chasseurs ont convoqué l’Histoire pour tenter de justifier l’injustifiable. Et c’est dans la période la plus sombre de
l’humanité qu’ils sont allés chercher l’information à détourner à leur profit. Ils laissent entendre à qui veut les croire
qu’Hitler et les abolitionnistes même combat, arguant de l’interdiction de la chasse à courre sous l’ère hitlérienne. Une
contre-vérité colportée par une presse peu prompte à en vérifier la véracité. Dans un communiqué du 27 octobre 2011, le
Collectif Anti Chasse à Courre apporte la preuve du mensonge et rétablit la vérité historique.

Une limitation les jours de messe
L’historienne des arts et des mentalités et professeur des universités, Elisabeth Hardouin-Fugier a en effet exploré et
analysé les textes de loi incriminés. Si la chasse à courre a bien été « interdite » légalement* au cours de l’ère hitlérienne,
sa limitation n’a été que ponctuelle. Seuls les dimanches, jours fériés ou jours de fête divins étaient concernés par ladite
loi afin de ne pas perturber le bon déroulement des offices religieux. Cette loi ne visait en aucun cas la protection des
animaux.
Apologie de la vénerie sous l’ère hitlérienne
D’ailleurs, comme le rappelle l’historienne, Hitler n’a jamais caché son admiration pour cette activité meurtrière. Dans son
discours à Berlin, prononcé en juillet 1934, il fait même l’apologie de la vénerie allemande la décrivant comme « le noble
art (…) s’adossant à une tradition germanique immémoriale…** ». Il poursuivait en justifiant que « …le gibier était le bien
le plus précieux du peuple.** » Rien dans ces propos ne laisse entendre qu’Hitler était préoccupé du sort de ces êtres
vivants pourchassés, martyrisés et sauvagement tués à l’issue d’une poursuite indigne de notre humanité. Bien au
contraire, l’animal y est considéré comme un objet (bien) dont dispose le peuple.
Pour la fin de la chasse à courre
L’Histoire ne se réécrit pas au gré des causes que l’on veut servir. Associer les abolitionnistes de la chasse à courre à
Hitler est simplement abject et indigne. Comme l’a démontré le sondage Ipsos commandé par One Voice en 2010, le fait
est que de plus en plus de voix se font entendre contre cette pratique cruelle, réservée à une poignée de privilégiés, et
d’un autre temps. Aujourd’hui, ce loisir de la souffrance et de la cruauté est décrié par quatre Français sur cinq, et trois
sur quatre souhaitent son interdiction.
* Loi du 3 juillet 1934 publiée au J.O du Reich, p. 549, suivi de l’ordonnance d’application du 27 mars 1935, p. 431,
cinquième section, § 35.
** Traduction dans Luc Ferry, Claudine Germé, Des animaux et des hommes, Paris, LGF, 1994, p. 515.

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